Angelo Binaghi : « Maintenant, battons la France pour confirmer que nous sommes grands »

ALGHERO. Il est à la tête de la Fédération italienne de tennis depuis 21 ans. Angelo Binaghi, ingénieur de Cagliari, part pour Montecarlo. Suivra le tournoi qui précède le match entre l’Italie et la France chez les femmes, prévu vendredi et samedi au Tc Alghero. Le président est un homme direct, direct, sans blindage il dit ce qu’il pense, il défend toujours sa pensée de manière constructive. Un homme qui a fait du sport. Il le confirme également dans ce cottage, où il évoque un autre défi des Bleus, l’état du tennis en Italie, et dissimule de manière décisive les rumeurs selon lesquelles il aimerait être candidat au successeur de Malagò, à la présidence Coni. Excluant catégoriquement que cela puisse arriver.

Monsieur le Président, comment et qui a eu l’idée d’amener la Coupe Jean King à Alghero ?

« Tous ceux qui me connaissent savent que je dis toujours la vérité. L’événement devait se rendre à Bari car c’était le vainqueur de l’appel d’offres. Lors d’une inspection effectuée par notre directeur Palmieri, des questions critiques se sont posées sur la taille du terrain. Un problème insoluble. Je me suis donc tourné vers la chère Sardaigne, qui a toujours organisé de manière formidable tous les matches de Fed Cup proposés. J’ai appelé le président du Fois Tennis Club, lui ai demandé d’accepter d’organiser cet événement. Non seulement il a immédiatement dit oui, mais il a aussi sauté de joie. Je ne doutais pas que cela se passerait ainsi. »

Avez-vous choisi Tathan Garbin comme capitaine de l’équipe nationale féminine parce qu’elle était dans les rangs ?

« Travailler dans les rangs, c’est toujours bien, car l’humilité dans le sport c’est la base, ça aide à s’améliorer. Je l’ai aussi fait en tant que manager sportif. Notre taille actuelle exige que je délègue suffisamment les directeurs responsables du secteur qui ont identifié la meilleure solution chez Garbin ».

Quel sera l’enjeu de Pâques face aux Français ?

« Très difficile, équilibré. Italie-France est un classique du sport mondial, il y a toujours eu une grande rivalité. On attend beaucoup ».

Vos adversaires sont-ils favoris ?

« Oui, mais le classement est relativement important dans les matchs par équipes. Les almanachs regorgent de prédictions inversées. Bien entendu, nous espérons que ce sera également le cas à cette occasion ».

Quel est l’état de santé du tennis italien ?

« Elle vit le moment le plus élevé de son histoire. Il y avait une conjonction de facteurs positifs qu’il est difficile de répéter. Le succès des hommes nous a amenés à l’avant-garde des tournois à travers le monde. La femelle a repris de l’altitude. La gestion d’événements importants à l’échelle mondiale modifie le niveau de rotation. Notre fédération a le meilleur équilibre après le football. Nous partons d’une pandémie plus forte, nous avons encore 100 000 membres. Et puis il y a la chute, qui est devenue un phénomène de société. Des champs naissent partout et le circuit devient de plus en plus riche en événements ».

Comment vas-tu en Sardaigne ?

« Deux tournois ATP ont eu lieu ici l’année dernière, ce qui était impensable il y a quelques années. Une augmentation des effectifs est également présente dans cette zone. La différence avec le passé est qu’il existe des solutions techniques de haut niveau à Cagliari et dans le reste de l’île. Après des décennies de catastrophe totale, nous avons des écoles, des techniciens et des programmes avec des perspectives. Le chemin balisé est correct ».

Vous êtes président de Fitu depuis 2001, avez-vous le même enthousiasme qu’au début de cette aventure ?

« Si on regarde l’indicateur de ces 21 ans, il y a une croissance constante. Cela ne nous donne pas le temps de nous arrêter et de réfléchir, cela nous place devant de nouveaux objectifs qui nous dépassent. Disons que notre cerveau fonctionne toujours. Nous investissons des ressources économiques dans l’avenir pour jeter les bases de notre sport qui progresse à grands pas ».

Elle chuchote : y a-t-il une part de vérité dans votre prochaine candidature à la présidence Coni après le départ de Giovanni Malagò ?

« Je veux être clair sur ce point : ce sont des rumeurs qui n’ont aucun fondement. Je n’ai aucune intention de le faire. »

Quel sport aimez-vous le plus à part le tennis ?

« Ma passion est le ski, mais j’ai de moins en moins de temps pour le pratiquer et je suis un peu désolé. J’adore le rugby à la télé, je suis passionné, même si je ne comprends pas toutes les règles. C’est un sport amusant qui vous rattrapera instantanément ».

Y a-t-il un champion du monde que vous appréciez particulièrement ?

« Rafael Nadal. Dans les coulisses, j’ai l’honneur de voir tant d’aspects. Ceux qui sont audacieux, ceux qui exigent des choses qui sont dues et ne pèsent pas leur nom et leur gloire. Plus jamais, l’Espagnol est un garçon calme, humble, respectueux et ne demande pas de privilèges. Un exemple sur et en dehors du terrain. Un patron à suivre pour les plus petits ».

Revenons au match avec la France, qu’est-ce qui peut faire la différence ?

« La forme de Camila Giorgi. Sur cette surface, il a les moyens de vaincre n’importe qui dans le monde. Maintenant, je ne sais pas s’il est en parfait état. Mais pour battre la France, nous aurons besoin de la belle performance d’un autre de nos joueurs ».

Le capitaine Garbin a déclaré que la pression publique pourrait être décisive, êtes-vous d’accord ?

« Elle ne gagne ni ne perd face au public. Je l’ai toujours pensé. Mais j’avoue qu’une jeune équipe comme nous peut être kidnappée par des acclamations. J’espère que dans deux jours la tribune sera pleine ».

Y a-t-il une réponse aux billets en prévente?

« C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Les signes sont positifs. En revanche, la Sardaigne a toujours réagi avec enthousiasme lorsque nous avons amené le tennis à un haut niveau. Les précédents le disent très clairement ».

Des pronostics tennis sont-ils faits ?

« Après le football, nous sommes le sport avec le plus de paris. »

Alors quel est le vôtre pour Italie-France ?

« Je ne peux pas le faire, je suis le fan numéro un de notre équipe nationale, et pas seulement pour le rôle que je joue. Je dois garder confiance pendant les rencontres, mais je souffre beaucoup et je n’arrive pas à me montrer. Alors pas de pronostics, je dirai juste une chose : allons en Italie ».

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Célestine Marion

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