Les élections législatives pourraient changer considérablement la politique parisienne. Les analystes mettent en garde – EURACTIV.pl

Des élections législatives auront lieu en France en juin. La mauvaise performance du mouvement d’Emmanuel Macron et la nécessité de coopérer avec d’autres partis pourraient limiter son influence en politique étrangère et affaiblir la position de Paris sur la scène internationale, estiment les analystes.

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Bien que le dimanche (24 avril) Emmanuel Macron a été réélu président, rien ne garantit qu’il disposera d’une solide majorité à l’Assemblée nationale après les prochaines élections législatives en France les 12 et 19 juin.

Pour la libre mise en œuvre du programme électoral, le mouvement Macron, Forward Republiko ! (LREM), il lui faut un bon résultat dans ce vote.

Actuellement, cependant, la France est divisée entre ceux qui sont satisfaits de la politique de Macron et de la direction que prend le pays, et cette partie de la société qui se sent « trahie » ou exclue des politiques économiques des gouvernements récents.

Ainsi, il y a un risque potentiel que le mauvais résultat de LREM conduise à une situation où le président et le premier ministre sont de formations politiques différentes, c’est-à-dire à la cohabitation.

Macron, le leader de l’extrême gauche, a déjà fait une telle offre de coopération Jean-Luc Mélenchonqui se considère comme premier ministre. Les sondages indiquent que LREM n’obtiendrait peut-être pas la majorité parlementaire, mais l’aurait en coopération avec La France insoumise de Mélenhon.

Les analystes mettent en garde contre la cohabitation

D’accord avec le médecin. Thanassis Diamantopoulos, spécialiste pour la France, il est peu probable à ce stade qu’une majorité aux élections se renforce avec Jean-Luc Mélenhon ou Marine Le Pen à la pointe. À son tour, la cohabitation avec d’autres forces politiques pourrait conduire Paris à avoir « deux politiques étrangères ».

La constitution française ne précise pas en détail la répartition des pouvoirs dans ce domaine, c’est donc la relation entre le président et le gouvernement qui détermine la forme de la politique étrangère du pays.

Un exemple est la cohabitation d’un président conservateur Jacques Chirac et un premier ministre socialiste Lionel Jospin. Les deux se sont fréquemment affrontés sur la position de la France dans la politique du Moyen-Orient. Chirac a soutenu le monde arabe et Jospin s’est rangé du côté d’Israël.

Si « dans le système de la Ve République, le président a de l’influence sur la politique étrangère, en cas de cohabitation, la cohérence de la politique étrangère française serait mise à mal et sa crédibilité mise à mal aux yeux des Européens », argumente Diamantopoulos.

il pense la même chose Benjamin Haddad, directeur des affaires européennes du groupe de réflexion Atlantic Council basé à Washington. « Pendant la période de cohabitation, c’est le président de la République qui continue de définir les grandes orientations diplomatiques et représente la France à l’étranger », a-t-il souligné.

Il a cependant ajouté qu’à ce moment « une sorte de paralysie ou de faiblesse institutionnelle du pays faisait obstacle à l’influence étrangère de la France ».

De plus, selon l’expert, il peut y avoir des problèmes de cohérence et de lisibilité de la politique étrangère. « Souvent, les conflits internes français sont visibles à l’étranger et affaiblissent notre voix », a ajouté Haddad.

Position en Russie

Ce qui rend la perspective d’une cohabitation particulièrement problématique, c’est le fait que « dans le cas des deux forces principales qui s’opposent à Macron, à savoir l’Unification nationale ou la France indomptable, il existe des différences fondamentales avec l’UE, la Russie ou des alliés », pointe Haddad.

Selon lui, la France pourrait « se retrouver dans une situation de paralysie totale » avec un gouvernement dirigé par Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen et s’opposer aux décisions de Macron de remettre des armes à l’Ukraine ou d’imposer des sanctions à la Russie.

La France serait alors « complètement affaiblie sur la scène internationale », notamment « en termes de crédibilité auprès des partenaires » et aussi à cause de la crise institutionnelle interne que cela provoquerait.

L’Europe en subirait également les conséquences. « Si on était dans une période de cohabitation, on aurait un mouvement anti-européen au sein du gouvernement avec une politique de blocage de l’Europe (…) pour que toute l’UE soit fragilisée », pointe l’analyste.

Alaire Boivin

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