Macron, difficile équilibre entre candidat et président | International

Il s’agit d’un rituel purement français : la déclaration du Président de la République comme candidat à sa réélection. Tout le monde sait qu’Emmanuel Macron veut briguer sa réélection. Personne n’en doutait. Mais il y a une chorégraphie sophistiquée qui oblige, jusqu’à ce que le chef de l’Etat s’annonce candidat, ne l’envisageait pas ainsi.

« Si vous me demandez : ‘Vous projetez-vous, avez-vous des ambitions pour les Françaises et les Français qui vont au-delà d’avril prochain ? Clair, clair », a déclaré le président Emmanuel Macron mercredi soir dans un entretien de près de deux heures. dans les chaînes privées TF1 et LCI.

Macron a fait allusion à une date d’élection présidentielle de 2022. Et indiquant qu’il n’avait pas l’intention de mettre un terme à sa carrière au pouvoir après ses cinq premières années au pouvoir, comme son prédécesseur, le socialiste François Hollande, qui a sombré dans les sondages, il a démissionné pour briguer une réélection. -élection en 2016. 2017.

L’actuel président, dans le même temps, hésite à répondre sans équivoque à toutes les questions sur sa candidature ou non. « Au moment où nous parlons, je dois encore prendre mes responsabilités », a-t-il répondu. « Une chose que je sais : si aujourd’hui j’étais un candidat comme les autres, je ne serais pas en mesure de prendre les décisions que je dois prendre en compte la situation sanitaire. »

Dans une « monarchie républicaine », comme l’a décrit le juriste français Maurice Duverger, la mutation rey candidat n’est pas une mince affaire. Le président est le président, en théorie du moins, de tous les Français, et doit rester maître de la bataille politique. Le candidat a été exactement le contraire : il a été poussé dans la boue et, inévitablement, a terni sa fonction pendant plusieurs semaines, qui ont duré toute la campagne.

Mais il arrive un moment où le locataire de l’Elysée se retrouve entre deux eaux : toujours président, mais aussi candidat, qu’il soit officiel ou non. Ses rivaux étaient en pré-campagne. Maintenant, ils critiquent Macron pour avoir fait campagne sans le reconnaître. C’est ainsi qu’une conférence de presse de deux heures il y a une semaine a interprété les priorités du semestre français de présidence de l’Union européenne, qui débutera en janvier et coïncidera avec les élections. Et les interviews sur TF1 et LCI, enregistrées dans la salle de bal de l’Elysée, sont un exercice à mi-chemin entre le journalisme et la communication électorale.

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Client

ric Ciotti, leader de Los Republicanos, un parti traditionnel d’extrême droite, a réagi : « C’était un programme de propagande d’un candidat. L’extrême droite ric Zemmour a déclaré : « Nous attendons du président qu’il parle de ce qui compte : la France. Il ne parle que d’accessoires : lui-même ». Pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat populiste de gauche, l’entretien n’était rien de plus qu’un « discours coupé de la réalité ».

Le titre de l’entretien est « Où va la France ?», et il s’agissait d’un quinquennat qui s’était développé en trois étapes. Premièrement, les réformes de libéralisation, telles que les réductions de main-d’œuvre ou les impôts. Deuxièmement, la rébellion des gilets jaunes qui a fait chanceler le président. Et troisièmement, les pandémies et les changements sociaux et colbertiste – dans la tradition des Etats interventionnistes associés à Jean-Baptiste Colbert, ministre des Finances de Louis XIV – avec des dépenses massives qui ont atteint des taux de croissance inédits depuis 1967 et le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans.

Oui, cette période [la pandemia] Cela nous a tous changés et nous a donné de la fibre sociale », a déclaré Macron avec un clin d’œil aux électeurs de centre gauche, sa famille politique d’origine, désabusée par le basculement vers le centre droit au cours de son mandat, et crucial s’il veut être réélu.

Macron bénéficie d’une base solide, autour de 24% d’intentions de vote au premier tour, et d’une popularité plus élevée que ses prédécesseurs, Hollande et le conservateur Nicolas Sarkozy, à ce stade de leurs mandats. Mais la fidélité de ces électeurs macronistes coexiste avec une résistance, parfois viscérale, de l’électorat. Ils le voient comme un homme politique élitiste, un « président des riches », un ex-banquier arrogant qui ne comprend pas le français commun.

Le tableau est instable : un tiers des électeurs gravitent vers l’extrême droite, et la candidate d’extrême droite modérée, Valérie Pécresse, s’est imposée comme la rivale la plus redoutable de Macron au second tour. C’est une priorité, pour le président, d’être plus humain et compatissant.

Les intervieweurs lui ont fait commenter certaines de ses déclarations controversées au début du quinquennat. Par exemple, lorsqu’il a dit à un jeune sans emploi : « Je traversais la rue à pied et je te cherchais un travail. Ou quand il mentionne « les fainéants », ou « ceux qui ne sont rien ». Beaucoup de ces phrases ont été sorties de leur contexte à l’époque, mais elles renforcent l’image d’orgueil.

« Il y a des mots qui peuvent blesser. Et je pense que ce n’est jamais bon. Ce n’est même pas acceptable », je suis le président. à Mea culpa Il a ensuite ajouté une déclaration d’amour à son pays et à ses concitoyens : « Quand j’ai été élu, j’aimais la France, et aujourd’hui je peux vous dire que je l’aime davantage, et j’aime la France et la France. »

Frédéric Says, écrivain d’histoire politique à la radio publique Culture française, l’a résumé ce jeudi dans son commentaire matinal, intitulé Emmanuel Macron sur le canapé: « C’était à mi-chemin entre la consultation d’un psychiatre et le confessionnal. »

Le moment de l’annonce des nominations pourrait être décisif. Sarkozy, en 2012, l’avait fait deux mois plus tôt. Est perdu. Comme Says se souvient, après cela, il a toujours dit que, pour gagner, il avait encore deux semaines de campagne.

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Lazare Abraham

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